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Comment concevoir son jardin

1 - Tenir compte de l’environnement.

   Avant de créer son jardin on doit se préoccuper du climat. Pour l’Ariège, certains ont une influence montagnarde, quand d’autres ont un climat plus sec et venteux. Il faut aussi s’inquiéter de la présence (ou pas) d’eau, et des dimensions du jardin. 

   Il faut aussi adapter son jardin à la structure du terrain : les dénivèlements, les murets, les escaliers ont conditionné votre projet ( taille, courbe du sol, bâtiment, allées carrossables et piétonnières, éléments végétaux, vents dominants ).

   !! Indispensable le remplacement de la terre encombrée par les déchets de construction de la maison. Si votre terrain a des gravats de chantier ou des cailloux, vous devrez les extraire avant la préparation du sol. De même vous pouvez apporter de la bonne terre végétale afin d’amender le sol ( Fuméco-lèze en vend ) !!

   Si le futur jardin est situé dans un cadre  « idyllique », il est dommage de ne pas ménager des ouvertures sur l’extérieur, qui créeront autant de tableaux vivants ( on peut rêver, souvent vous voisinez avec une décharge ! ). La campagne environnante peut offrir de merveilleuses perspectives sur des bois ou des champs. Il suffit de faire des ruptures dans la haie, dès la plantation, ou grâce à une taille judicieuse. Mais la ville n’est pas en reste : il arrive qu’une simple vue sur les toits crée un tableau aux couleurs changeantes. A l’inverse, si un élément du paysage extérieur dérange, il faut planter en fonction de lui, pour le masquer autant que possible.

   La nature du sol est déterminante. Il faut savoir s’il est acide ou basique. Observez les plantes qui étaient là avant ou si le champ d’à coté vous apportera des graines de « mauvaises » herbes. 

2 - Concevoir son jardin.

   Le jardin doit s’harmoniser à la maison et à l’environnement

Choisir son style :

    Selon vos gouts, vous préfèrerez le style anglais ( avec des mixed borders floues et pastels ), le style français , très structuré avec une taille importante, le style japonais… Mieux vaut feuilleter des magasines pour s’inspirer et affiner son choix.  

   Avant toute chose vous ferez un plan, en plaçant les éléments, massifs… à votre idée, puis il faut matérialiser cela sur le terrain, avec des cartons, des cailloux… bref faire le patron du jardin et juger de l’effet. N’oubliez pas de prendre en compte le temps que vous avez  à consacrer à son entretien.

   « Un jardin n’est réussi que s’il est beau en hiver » Princesse Sturdza, qui possède un magnifique parc en Normandie. ( à méditer !! )

Les erreurs à éviter : 

    Insérer trop d’éléments (tonnelle, verger, potager, pelouse, emplacement de la voiture, fontaine). Multiplier les sentiers, allées en divisant l’espace en plusieurs parcelles. Mettre des plantes partout afin d’occuper l’espace. Opter pour une multitude de coloris surtout vifs. Se limiter à 2 ou 3 couleurs.

Pour agrandir l’espace 

    Il faut planter les fleurs bleues au fond du jardin, elles se confondront avec le ciel, cela agrandira la perspective. De même on place les couleurs vives et chaudes au plus près de la maison.

3 - Respecter l’équilibre des masses.

     La symétrie n’est pas forcément ce qui rend le mieux dans un petit jardin, et dans un grand, elle n’est pas toujours facile à mettre en place. Car, bien souvent, on hérite d’une situation où les arbres sont déjà installés. Il est préférable de respecter ce que les paysagistes appellent l’»équilibre des masses ». On peut, par exemple, planter un bel arbre et lui donner pour miroir, de l’autre coté de l’allée  ou de la maison, un groupe de trois arbustes plus petits. On peut aussi le contrebalancer par un arbre plus petit et deux arbustes. Il s’agit simplement d’instaurer une similitude visuelle des masses.

4 – Les allées

Prévoir la bonne largeur pour les allées.

   La largeur de l’allée est déterminée par son usage. Un petit sentier rarement emprunté fera 70 cm de lare au minimum, 1 m au maximum. Une allée entre deux massifs fera 80 cm de large, de quoi faire passer la brouette lorsque vous désherberez ou planterez. Si l’allée est plus utilisée, il faut que deux personnes puissent se croiser sans se toucher : de 1 m à 1,20 m sont nécessaires. S’il s’agit de l’une des allées principales du jardin, il faut que deux personnes puissent y marcher côte à côte sans se gêner : 1,50 m est un minimum. Enfin, s’il s’agit d’une allée empruntée par une voiture, il faut prévoir 4 m de large.

Dessiner le bon tracé des allées.

    Respectez les passages qu’ont tracés le chien, vos enfants, ou vous-même. L’expérience montre que, si vous créez l’allée ne serait-ce que 1 m plus loin, il y a de fortes chances que l’herbe continue à être piétinée aux mêmes endroits ! Créez plutôt de légers décrochements dans l’allée pour casser la ligne droite, sans toucher à la direction. 

    Ne créez pas de courbes trop larges ni trop serrées : elles seront inévitablement coupées par ceux qui les empruntent régulièrement. Ne créez pas d’allées qui ne mènent nulle part. Terminez-les toujours par un banc, un point focal, un petit élément d’ornement, une belle potée.

5 – Les massifs

   Avant de faire un massif, placez des cartons ou des plastiques sur la terre pour visualiser les formes mais surtout pour faire mourir pelouse ou mauvaises herbes. Passez devant plusieurs fois, en changeant d’angle de vue et réfléchissez !!

     Éliminer les angles pointus.

    Tout ce qui donne l’impression d’arête tranchante ou de pointe a intérêt à être gommé dans un jardin. C’est d’ailleurs l’un des principes du feng shui au jardin, une règle que les paysagistes ont de tout temps respectée. 

    L’œil, en effet, enregistre inconsciemment ces détails et l’effet rendu peut être « inconfortable ». C’est ainsi que vous éviterez de terminer des massifs en pointe, de construire des terrasses à angles vifs. Mais, si c’est le cas, il vous suffit juste de planter au pied de ces éléments de plantes au port arrondi ou tapissant, ou des grimpantes, qui viendront en adoucir les lignes.  

    Bien positionner des massifs

    Les massifs doivent toujours être « raccordés » visuellement à un élément du jardin Servez-vous de tous les éléments du jardin pour y appuyer vos massifs : cabanon, décrochement de l’allée, arbre, clôture … Les massifs proches doivent aussi être reliés entre eux, du moins visuellement : installez, par exemple, les mêmes plantes de part et d’autre pour faire la transition. En face des baies vitrées, installez vos plus beaux massifs, qui doivent devenir de vrais tableaux vivants.

6 - Calculer la bonne hauteur des marches.

     Pour être faciles à monter et descendre, les marches doivent avoir des mesures précises. La hauteur idéale est comprise entre 12 et 17 cm et la largeur minimale du plat est de 28 cm. La formule de base est la suivante : 2 hauteurs + le plat = 63 cm. Ces 63 cm correspondent à l’amplitude moyenne du pas humain, comprise entre 60 et 66 cm. Si vous voulez faire des marches  de 15 cm de haut, le  plat devra être de 63 – (2x15) = 33 cm. La largeur minimale de l’escalier doit être de 1,20 m s’il comprend plus  de 3 marches.  Bien sûr ces cotes ne peuvent être toujours respectées, mais elles donnent une idée de ce vers quoi il faut tendre.

7 - Jouer sur les rythmes.

   L’harmonie ne nait pas forcément de l’abondance. Il est important de respecter pour les plantations un rythme de pleins et de  vides. Comme dans la musique, les silences sont tout aussi nécessaires au jardin. Ce sont eux qui mettent en valeur les plantes. Laissez une surface d’herbe dégagée pour que le regard puisse glisser dessus. Regroupez les potées plutôt que de les disperser, pratiquez des percées dans les haies si l’arrière-plan s’y prête. Laissez quelques belles silhouettes d’arbres (if  en colonne, buis …) se détacher sur un mur uni. 

    Le choix de la pelouse est donc important car bien souvent c’est elle qui met en valeur vos plantes. Pensez à l’adapter à l’exposition et à son usage ( sport, ornement, sec ombre…).

8 - Rechercher l’unité

   Harmonie des couleurs : chaque coin du jardin peut avoir son ambiance propre mais à l’intérieur de ces petites scènes, essayez de conserver un ensemble de floraisons aux couleurs cohérentes. 

    Harmonie des matériaux : si la maison est en briques, des allées en briques seront,  par exemple, préférables à des allées en pierre. Si le jardin comprend des allées en pavés de grès, reprenez ce matériau pour faire les bordures de massifs ou la terrasse. Pour vos potées, évitez le mélange du bois, de la terre cuite, du zinc. Dans le doute, la terre cuite naturelle es encore ce qui se fond le mieux dans le décor.

    Pensez à utiliser ce que vous avez sur place ( vous économiserez de l’énergie, du temps et de l'argent !!)

9 - Jouer sur tous les sens

     La vue est, bien sûr, primordiale au jardin. Mais un beau jardin se doit aussi de satisfaire les autres sens. Usez et abusez des plantes parfumées, que vous disposerez le long des allées et tout autour de la terrasse ( je vous joins une liste de plantes selon leur usage ). Adoptez des plantes au feuillage doux qui attirent la main (sauges, pelargonium tomentosum, armoises, hélichrysum…) Essayez d’installer une petite fontaine qui vous offrira un doux murmure. Et enfin, même si vous n’avez pas de potager mêlez quelques légumes (tomates, melons …) ou quelques petits fruits (cassissiers, fraisiers..) à vos massifs.

10 – Indispensable au jardin :

    En vrac mais à ne pas oublier :

Bien sûr il faut un compost pour recycler les déchets de jardin, de cuisine.. C’est une source importante de terreau de qualité et bon marché.

Les récupérateurs d’eau de pluie : Certaines mairies subventionnent une partie de l‘achat, il faut se renseigner.

Les outils doivent être de qualité pour durer. Il est préférable d’en avoir peu, mais qui soient solides. Il faut aussi les entretenir, huiler les manches avant l’hiver…

11 – Le choix des végétaux

Attention :

    Vous devez choisir des végétaux qui vous plaisent, mais tous ne sont pas forcément adaptés à votre sol, ou à votre exposition. Il se peut aussi que vous ayez sous estimé leur taille adulte en les plantant trop près ( nous sommes nombreux à déplacer de frêles arbustes devenus des baobabs en 5 ans ! ).

Les racines de certains arbres sont très puissantes et étendues. Elles peuvent soulever une terrasse ou un mur de clôture.

Les peupliers, acacias, bouleaux, sont à planter loin de toutes végétations car ils gênent la croissance des autres plantes. 

Les plantes à avoir au jardin, un vrai plaisir, faciles et anti-sècheresse :

Miscanthus : légèreté et élégance pour structurer, rythmer, vivifier le jardin et lui apporter une petite touche champêtre qui se nuance au fil des saisons,  unifiant  et liant les autres floraisons.( c’est une graminée )

Nepetas : un cadeau pour vos abeilles et autres insectes butineurs. Parfaits couvre-sols, archi-résistants, ils accompagnent à ravir toutes les floraisons, et diffusent des arômes camphrés ou mentholés.

Hémérocalles : lis  d’un jour et de toujours. Une fois installées, les touffes résistent des décennies et font le lien entre les vivaces de juin et les premières annuelles. De riches coloris assurent la succession de la floraison des roses en attendant les asters.

Phlomis : Quand une plante se mêle de désherbage, il ne faut pas bouder son plaisir ; quand c’est toute une famille, il faut partir à sa découverte et en truffer le pied de rosiers ou des arbustes inaccessibles pour jardiner en paresseux !

Origan : à coup sûr un élément stimulant, protégeant les autres plantes, donc indispensable pour la bonne santé d’un jardin. Fortement aromatique, résistant à tout, il multiplie les variantes pour le plus grand plaisir des insectes butineurs et des papillons. ( on le met dans les sauces tomates ou les pizzas )

Sauges : peu de « familles » de plantes déclinent autant d’espèces et de variétés. Parfums puissants, floraisons mellifères généreuses et robustesse à toute épreuve. Il faut cependant respecter leur milieu d’origine : planter les sauges des prés (Salvia pratensis) et leurs cultivars au nord et les exotiques au sud.

Perovskia :  un nuage bleuté, un peu comme le nepeta, plus érigé. C’est une plante chameau qui ne boit que s’il pleut !

Pour ombrer rapidement une terrasse : Albizia, prunus, érable, murier platane, tilleul, cytise, sumac. Attention toutefois aux éventuels fruits qui pourraient tomber et tacher la terrasse. Vous pourriez passer votre temps à curer les cadeaux de votre arbre.

Plantes anti-sécheresses : 

achillée, aster, bergénia, ciste, chalef (éléagnus ), coréopsis, euphorbe, joubarbe, sauge, sedum, potentille, valériane, verveine.

Plantes pour l‘humidité :

Alchémille, astilbe, eupatoire pourpre, filipendule, iris pseudacorus, phlox.

Plantes coupe-vent :

Bambous, berbéris, charme, cognassier, fusain d’Europe, genet, houx, laurier palme, laurier rose ( très toxique ), viorne lantana.

Plantes mellifères :

Acacia, arbousier, bruyère, laurier tin, buis, coquelicot, groseillier, rhododendron, sorbier, souci, tournesol.

De la lecture pour aller plus loin

  

   Si vous souhaitez aller plus loin, ou affiner encore ces quelques idées, voici les références de 3 livres biens conçus, très bien illustrés et clairs :

Concevoir son jardin comme un paysagiste, de Pulminteri, éditions De Vecchi, février 2009.

Jardiner écologique, de Nicolas Priou, éditions Hachette, avril 2009

Mariages réussis, associations écologiques au jardin d’ornement, Brigitte Lapouge-Déjean, éditions Terre Vivante.